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Publié par union locale solidaires Saint-Denis

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Communiqué de l'Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) :

Contre l’augmentation de la TVA, contre la vie chère,
pour une autre Europe, pour une Europe solidaire,
les personnes retraitées manifesteront elles aussi le 14 novembre 

La Confédération Européenne des Syndicats (CES) appelle l’ensemble du syndicalisme européen à une journée d’action et de solidarité le 14 novembre 2012 pour l’emploi et la solidarité en Europe. En France, ce sont les organisations syndicales CGT, CFDT et UNSA (membres de la CES), la FSU et Solidaires qui reprennent à leur compte cette initiative. Elles entendent ainsi exprimer leur ferme opposition aux mesures d’austérité qui plongent déjà depuis plusieurs années l’Europe dans la stagnation économique, voire dans la récession.

L’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) constate que toutes les personnes retraitées, en France comme en Europe, ont partout de multiples raisons de participer à ces manifestations.

En France, le nouveau gouvernement, comme le précédent, continue d’engager notre pays dans une Europe de la concurrence « libre et non faussée ». C’est cette Europe, voulue par de tels dirigeants politiques, qui organise sciemment le dumping fiscal qui leur sert ensuite d’argument pour mettre en place une fiscalité attractive pour les capitaux (maintien de la liberté de circulation des capitaux sans contrôles, inaction globale à l’égard des paradis fiscaux et de leurs principaux utilisateurs, baisse d’autant plus forte de l’impôt sur les sociétés que la société est plus grosse – de fait, les multinationales du CAC 40 payent en moyenne 8% de leurs bénéfices déclarés au fisc français, alors que le taux « officiel » est de 33,33 %).

Récemment, une majorité de députés et de sénateurs ont confirmé qu’ils capitulaient leur souveraineté budgétaire et fiscale face à une technocratie européenne et internationale représentant plus ou moins directement les intérêts des banques et de la finance. Ces nouvelles heures sombres de notre histoire permettent ensuite le dumping social, celui qui met en concurrence brutale les mains d’oeuvre de tous les pays, celui qui leur sert ensuite d’argument pour organiser, dans tous les pays, des « chocs de compétitivité », avec partout des contraintes sur les salaires, des pressions sur les conditions d’emploi et de travail et le maintien d’un chômage de masse. Et c’est la permanence de ce chômage de masse, lui aussi sciemment maintenu, qui sert ensuite de prétexte pour engager toutes les politiques régressives.

Dans cette guerre économique ainsi organisée par les puissants, ce ne sont pas les généraux qui trinquent lors des affrontements, mais les « troufions », victimes de mauvaises conditions de travail, de pressions hiérarchiques, du stress, avec des contrats précaires, la peur continuelle du chômage et la culpabilisation faite aux travailleurs malades et aux travailleurs retraités qui, tous, « coûtent » trop cher. Et maintenant, le nouveau gouvernement, en continuité avec le précédent, met en place de nouvelles exonérations de cotisations sociales pour les entreprises, alors que les 30 milliards de cadeaux sociaux déjà accordés chaque année ont été sans réels effets positifs sur l’embauche et l’emploi.

Le 6 novembre, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé qu’une baisse de 6% du coût du travail se ferait par le biais d’un « crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » : des entreprises vont payer moins d’impôt (20 milliards d’euros sur trois ans, dont 10 milliards dès 2013, payables en 2014). Pour compenser ce manque à percevoir dans le budget de l’Etat, de nouvelles coupes claires seront effectuées dans les dépenses publiques (à hauteur de 10 milliards d’euros), et les recettes provenant de la TVA seront augmentées (le taux normal passera de 19,6% à 20%, le taux intermédiaire de 7% à 10%, le taux réduit de 5,5% à 5% mais sans baisse des prix dès lors qu’il n’y a plus d’administration de contrôle des prix en France).

Par ailleurs, le gouvernement décide de ne plus toucher, au cours du quinquennat, à cinq dispositifs fiscaux, dont le crédit d’impôt-recherche qui est un gouffre pour les finances publiques (plus de 4 milliards d’euros reversés chaque année, essentiellement aux grosses entreprises, et très souvent sans contrôle de l’exactitude des opérations annoncées). Ceci signifie que la réforme fiscale progressiste annoncée par le gouvernement n’aura plus lieu : nous n’aurons eu que les quelques mesures fiscales « allant dans le bon sens » contenues dans la loi de finances rectificative prise au lendemain de l’installation du nouveau gouvernement ainsi que celles contenues dans le projet de budget actuellement en discussion au Parlement.

Ce gouvernement procède donc comme le préconisent l’OCDE, le FMI, la Banque mondiale, la Banque Centrale Européenne et la Commission de Bruxelles (tous plus ou moins les porte parole de Goldman Sachs et compagnie). L’augmentation de la TVA, quel que soit l’habillage qui lui est donné, c’est ce qui a déjà été fait en Grèce, en Espagne, en Italie, au Portugal, etc, avec les conséquences négatives déjà constatées : augmentation générale des prix, difficultés dans la vie quotidienne pour des personnes et des familles toujours plus nombreuses, baisse de la consommation de masse (mais maintien de la consommation de luxe), augmentation du chômage, etc.

Il y a six mois, celles et ceux qui sont devenus la majorité parlementaire actuelle vilipendaient la « TVA sociale » de Sarkozy ; aujourd’hui, ils n’utilisent pas le terme, mais la mettent en place. Pour les personnes retraitées, qui ont déjà vu de nombreux « responsables » politiques ne pas respecter leurs engagements, tout ceci pose la question la démocratie. Quand, manifestement, la politique de la France et la politique de l’Europe, se font à la Bourse, pour la Bourse, pour les Banques, et parfois, directement, par les banquiers, il est grand temps d’appeler à un sursaut démocratique et citoyen. Les manifestations du 14 novembre 2012, partout en Europe, en sont un premier élément. Nous sommes tous des Grecs, des Portugais, des Italiens, des Espagnols ; nous sommes tous des Européens, et nous devons lutter pour une autre Europe car elle est nécessaire et possible.

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